Publié le vendredi 22 juillet 2005
Conversation britannique
La conversation joue un rôle important en Angleterre. On se parle beaucoup, mais c'est en général pour ne rien dire. Comme il n'est pas de bon ton de mentionner les questions personnelles, professionnelles ou qui pourraient prêter à discussion, on s'en tient aux généralités. Voici quelques exemples :
Le client : Quel beau temps, n'est-ce pas ? Le garçon d'ascenseur : Oui, n'est-ce pas ? Le client : Nous avons de la chance cette année. Le garçon d'ascenseur : Oui, nous avons de la chance, n'est-ce pas ?
Si la montée (ou la descente) se prolonge, le dialogue se poursuit avec des variantes : Le client : Oui, même sur la Riviera, il ne fait sûrement pas plus beau. Le garçon d'ascenseur : Oui, nous avons de la chance, n'est-ce pas ?
Entre personnes se connaissant vaguement et qui se rencontrent dans la rue : « Tiens, bonjour Peter, comment allez-vous ? Vous avez une mine superbe. (ceci pour éviter toute possibilité de réponse à la première question). « Ah, bonjour Jane, je suis bien content de vous voir moi aussi. Oui, je vais très très bien (ceci indépendamment de votre état de santé réel). Vous aussi vous avez une mine superbe d'ailleurs » (cette phrase bien placée peut constituer une vengeance non sans agrément). « Je pense souvent à vous, nous ne nous voyons pas assez souvent. — Non, nous ne nous voyons pas assez souvent. — Il faut que vous me donniez votre adresse. » (On échange des numéros de téléphone – aussitôt perdus – sur de petits carnets.) « Je vous rappelle très bientôt. — Oui, appelez-moi, s'il vous plaît. — Alors, à très bientôt. — À très bientôt. »
L'agrément de ce genre de conversation est que toutes les formes y sont observées, mais que cependant, personne n'est dupe de quoi que ce soit.
Tony Mayer
par Gustave Labarbe | le 2005-07-22 04:15:19 | PERMALIEN
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